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Ma rencontre avec l'AVC



Le 13 novembre 2017 je me lève à 6h15 comme d’habitude pour aller au travail.

Premier réflexe, regarder son téléphone et je ne vais pas immédiatement sur Facebook mais je vois que j’ai reçu un SMS de ma mère,  je lis le SMS.

Je réveille mon mari lui dit de s’occuper des enfants.

Je m’habille, monte dans ma voiture et roule jusqu’à l’hôpital. Ma mère m’accueille au service de réanimation.
Les souvenirs qui ressortent dans le brouillard sont ceux de ma mère qui me dit qu’elle a dit au médecin « surtout je ne veux pas qu’il souffre » que je prends conscience que nous sommes dans les dernières heures de la vie de mon père.

Je  pense à mon frère qui travaille 12 heures par jour, je me dis qu’il dort encore s'il n’a pas réagi au sms de maman. Là je prends mon téléphone et je fais sonner sonner sonner jusqu’à ce qu’il soit réveillé, je lui explique la situation et lui dit " dépêche-toi, viens" bien entendu il me dit qu’il arrive.

 

Il est 7h30 nous restons assis près de papa jusqu’à 11h30.

Le voyant partir petit à petit, une infirmière entre pour éteindre les alarmes et nous dit ça ne va pas tarder.
Quelques minutes plus tard tous les tracés sont plats.

Tous figés et allongés sur papa, nous restons là encore quelques minutes.
Quelqu’un en blouse blanche rentre , nous dit pour lui enlever l’intubation et le préparer est-ce que vous pouvez sortir quelques minutes?
Sagement nous sortons et nous tombons dans les bras de nos conjoints respectifs à nouveau, nous sommes appelés et rentrons dans cette chambre de la mort, la personne en blouse blanche nous informe que nous pouvons rester près de lui quelques instants je dit non je ressors il n’est plus là
ma mère etMon frère me suivent il commence l’après
L’infirmière nous informe que l’acte de décès sera disponible dans l’après-midi pour pouvoir faire nos démarches et que le corps de papa sera déplacé au funérarium de l’hôpital et là je me dis mon dieu il va falloir revenir.
Immédiatement nous commençons à parler de comment nous organiser sans doute parce que la méthode nous permet d’oublier le sentiment.

Nous rentrons.

Nous sommes le 14 novembre je vais faire un irm sur la prescription de ma généraliste qui a cédé à ma psychose d’avoir une sclérose en plaques. 

En effet les 21 et 24 octobre dernier, j’ai ressenti des fourmis sur la totalité du côté droit de mon corps pendant plusieurs heures. Quelques jours plus tard, je suis allée voir ma généraliste et lui ai dit que j’avais peur que ce soit une sclérose en plaques et m’a immédiatement demandée d’aller faire des I.R.M. en me répétant qu’il y avait 99 % de chances que je n’ai pas de sclérose en plaques.

Ainsi nous sommes le 14 novembre au matin , La veille j’étais à l’hôpital surveillant la vie quitter le corps de mon père et là je suis comme un robot il faut bien le faire cet I.R.M. trois semaines d’attente, et encore de l’attente en faite dans les organismes médicaux on ne fait qu’attendre ... d'ailleurs on nous appelle les patients, notre travail est de patienter !
C’est l’IRM, il m’injecte des produits de contraste qui me font chaud partout dans le bras puis je retourne en salle d’attente à attendre encore et encore que le médecin lise les images.

Elle m’appelle, elle me fait asseoir et me demande pourquoi je fais ces I.R.M.
Je lui explique et là elle me dit dans un langage que j’ai du mal à comprendre que j’ai deux anomalies au final je comprends que c’est des AVC sans séquelles.
Elle me dit que " vu la couleur, ils sont récents et qu’il faut que j’aille voir un neurologue ".
Encore de l’attente j’arrive à avoir un rendez-vous pour le 1er décembre.
Le neurologue m’a prescrit une tonne d’examen, il me met sous aspirine pour fluidifier mon sens.
Après la tonne d’examen, on trouve aucune raison à ces AVC mais c’est pas grave il n’y a pas de séquelles.
Je risque de passer ma vie sous aspirine.
Nous voici le 14 février je dois reprendre le travail dans deux jours après de longs arrêts dus à mes AVC et la mort de mon père.


Je ne veux pas retourner au travail, pas parce que je n’ai pas envie de travailler mais parce que ces deux dernières années ont été trop dur, j’ai trop travaillé, trop de pression.
Nous sommes le 15 février il est très tôt, je me réveille violemment ma gorge me brûle, je n’arrive pas à respirer, j’essaie de me lever impossible.

Finalement j’y arrive, je rencontre mon fils dans le couloir tu comprends qu’il y’a un problème.

Il va chercher son père, lui dit qu’il faut voir maman a un problème et qu’il faut trouver un adulte.

Le reste est flou, je vais me retrouver à l’hôpital à faire plein de tests. J’entends après tant d’AVC, vous auriez dû être hospitalisé on vous garde.
Il est 19 heures mon mari est en train de discuter avec le neurologue dans ma chambre, je me souviens que l’on mène d’urgence à l’I.R.M.
Nous sommes un ou deux jours plus tard ma jambe gauche ne fonctionne plus, non, moi non plus, j’ai du mal à me faire comprendre … 
Neuf mois plus tard : j’ai repris le travail le 4 juin et ça m’a fait beaucoup de bien
Aujourd’hui je marche à nouveau, je parle normalement mon cerveau fonctionne très bien à la marge quelques mots me manquent
Je me prépare à faire une marche de 5 km ce dimanche contre le cancer mais surtout pour ma volonté. Je vais préparer également à reprendre mes études en novembre pour diriger ma carrière vers la diversité et l’inclusion
Je n’ai plus qu’à trouver le bon employeur.
En conclusion tant physiquement que mentalement tout est dans la tête, en tout cas la mienne, la maladie, et la force d’en réchapper

Isabelle Quentin-Levy
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