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Je m’appelle Audrey, je vous écris pour vous raconter l’histoire de mon grand-père aujourd’hui décédé.

Il a eu 2 AVC l’un en 1982 et l’autre en 2005.


En 1982, il se trouvait a un pot de départ en retraite d’un collègue et d’un seul coup, il est tombé à terre, la bouche sur le côté, perte de connaissance. Transporté à l hôpital, le diagnostique tomba : AVC avec hémiplégie gauche. Ma grand-mère et mon père se sont relayer à ses côtés et grâce à la persévérance, mon grand-père aux bouts de longs mois a retrouvé l’usage de la marche et de son bras. Bien sûr il n’avait plus la démarche de ses 20 ans, il trainait un peu la jambe, mais il remarchait.

A l’époque j’étais trop petite, 4 ans. Mais mon grand-père me racontait que lorsque qu’il a réussi un peu à remarcher, il a passait des heures à faire des allers-retours dans le jardin et même assis dans sa voiture, à appuyer de son pied gauche, sur la pédale d’embrayage ! pour muscler son pied !


En février 2005, mon grand-père avait 86 ans, et ma grand-mère était déjà malade.

Je me souviens de chaque moment de cette journée, c’était un mercredi. J’arrive comme tous les jours chez mes grands-parents, à 8h00 pour ouvrir les volets (j’habite chez mon père dans la maison voisine), et là, ma grand-mère est affolée. Elle m’explique que mon grand-père ne parle plus depuis 4h00 du matin, qu’il faut que je lui donne un médicament que ça ira mieux (aller expliquer a une personne de 82 ans qu’elle aurait dû nous appeler tout de suite). Avec mon père, nous avons appeler le médecin et les pompiers, qui ont transporté mon grand-père aux urgences.


S’ensuit une très longue journée !

Multiples examens, le verdict est tombé récidive d’AVC, hémiplégie centrale, j’étais dans le box des urgences avec ma grand-mère auprès de mon grand-père (vue leur grand âge et 68 ans de mariage, le personnel avait accepté que ma grand-mère reste à côté).

Pour trouver un moyen de dialogue avec mon grand-père, je lui avais dit : « écoute Papy en lui tenant la main, je récite l’alphabet si tu veux me dire quelque chose, appui sur ma main quand ça sera la bonne lettre ». A la fin de ce moment là, malgré la gravité de son état, mon grand-père avait réussi à me faire passer comme message « on voit mes fesses », forcement avec la blouse de l’hôpital !!!!


Il a passé une semaine en observation, ensuite il a été 4 mois dans un autre hôpital en service " Soins de Suite". Nous sommes passés tous les jours à ses côtés !

Un jour je suis arrivée, j’embrasse mon grand-père, je lui dis de s’accrocher et qu’on l’aime, et là, un mot sort de sa bouche « oui », je peux vous assurer que l’on a tous pleuré de joie !

A partir de ce moment là, nous lui avons apporter une ardoise et un feutre et un moyen de communication rudimentaire à pu se mettre en place !


Au fil du temps, il a pu rebouger les jambes et retrouver difficilement l’usage de quelques pas à l’aide d’un déambulateur. Ma grand-mère au bout de 4 mois, a supplié les médecins pour que mon grand père puisse revenir au domicile. A partir de ce moment là, avec mon père, nous nous sommes relayés auprès de mes grands-parents, moi dormant à leur domicile au cas où.


Nous avons équipés la maison, lit médicalisé, chaise percée, déambulateur, chaise roulante.

L’infirmier venait matin et soir pour la toilette, l’orthophoniste une fois par semaine, et le kiné 2 fois par semaine.
Malheureusement l’année suivante, ma grand-mère est décédée d’une leucémie. Ce fût un grand choc pour mon grand-père de perdre son amour, 68 ans de vie commune, on aurait dit que le peu de progrès qu’il avait fait, avait disparu.


Avec mon père tous les 2, nous nous sommes relayés dormant à tour de rôle auprès de mon grand-père. Nous nous sommes forcés de le stimuler à chaque instant. il avait retrouvé l’usage de quelques mots, mais je le soupçonne d’en avoir profiter car j’étais la seule à le comprendre, donc quand il n’arrivait pas à se faire comprendre de quelqu’un il disait de « demander à Audrey ».


Au début le médecin traitant nous avait conseillé de demander l’aide du Conseil Régional pour avoir des aides. Une assistante du Conseil Régional était venu au domicile de mon grand-père.

Il avait une retraite de cadre. J’avais expliqué que mon père était retraité et moi en recherche d’emploi, mais que j’aurais bien aimé avoir une aide au cas ou je retravaillerais.

Cette femme m’avait répondu « vous n’avez qu’à demander à votre grand-père qu’il vous paie pour s’occuper de lui » ! Cela m’avait choqué, au grand jamais je n’aurai fait ça !!! Mon grand-père était tout pour moi et je n’aurai jamais fait ça !


Lorsque j’ai retrouvé un emploi à mi-temps, je m’organisais à faire à manger la veille au soir ainsi que la lessive.
La nuit lorsque mon grand-père ne dormait pas, souvent il récitait l’alphabet en boucle pour s’entraîner. Des fois à mon grand désespoir, moi qui voulais dormir car le lendemain je travaillais !
Malgré son handicap, nous avons réussi à faire sortir un peu mon grand-père, mettant son fauteuil roulant dans le coffre. Nous l’emmenions en promenade en voiture , nous avons même été au bois, ce fût sportif de pousser le fauteuil !


Au fil des dernières années, il eut des problèmes pulmonaires, ce qu’il l'a affaibli ! L’âge avançant, 90 ans, un début de sénilité fût détecter. Mon grand-père refusait de s’alimenter, même en lui donnant à la petite cuillère, il nous l’envoyait dans la figure, il devenait agressif, il se rendait compte que la situation était inversé, son fils et sa petite fille s’occupaient de lui.


Mon père et sa sœur on dut se résoudre à faire hospitaliser mon grand-père en long séjour (ma tante venant surtout de Paris pour faire des remarques, facile de critiquer au loin !) 

A l’hôpital il reprit du poids et remangea. En mars 2010 après encore un problème pulmonaire et un début de septicémie il décéda.

 

Ses derniers jours, mon père et moi sommes restés à ses côtés.Il était inconscient.

Mais le dernier jour, je suis arrivée à 07h00 à l'hôpital. Mon père m’a dit qu’il avait passé une mauvaise nuit.

J’ai embrassé mon grand-père pour lui dire que je l’aimais

qu’il fallait qu’il s’accroche et que je l’aimais.

La machine a bippé orange puis rouge.

Mon grand-père est décédé dans mes bras.

Audrey Dubois

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